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Saga criminelle : les « pédés » de la nation

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Dans « Saga criminelle » de cette semaine qui, pour rappel, est chapardée exclusivement au dernier rapport du Chef du parquet, nous avons choisi d’embrasser le deuxième plus délicieux des crimes au Maroc après les « relations sexuelles hors mariage » ! Vous l’avez compris, il s’agit du délit d’homosexualité. Action…

« Est puni de l’emprisonnement de 6 mois à 3 ans et d’une amende de 200 à 1.000 dirhams, à moins que le fait ne constitue une infraction plus grave, quiconque commet un acte impudique ou contre nature avec un individu de son sexe. » Véritable bête noire de la très discrète communauté LGBT du Royaume, l’article 489 du Code pénal marocain est en droit de mener directement en prison (sans passer par la case départ) toute personne moulue dans la différence, qu’elle soit lesbienne, gay, bisexuel ou transgenre, prise en flagrant délit d’ébats sexuels. Il faut dire que la différence a bien raison de craindre cette loi comme la peste : en 2017, ils étaient 197 poursuivis en justice pour homosexualité. 130 affaires de sexualité recto-verso ont été jugées par l’ensemble des tribunaux du pays, contre 81 en 2011, soit une augmentation de 60% en seulement 6 ans. Plus en amont dans le temps, l’association Kifkif (enregistrée en Espagne puisqu’illégale au Maroc) avance que ce sont plus de 5000 homosexuels, en majorité des hommes, qui ont été trainés en justice depuis l’indépendance du pays en 1956. Par ailleurs, et afin de bien remuer le membre dans la plaie, le nouveau projet de Code pénal, présenté par le ministère de la Justice en 2015, définit l’homosexuel comme étant  « une personne reconnue comme ayant une attirance sexuelle pour une autre personne du même sexe ». Cette dernière « est passible de 6 mois à 3 ans de prison et de 2.000 à 20.000 dirhams d’amende». Voilà pour le cash et le cachot !

Enfin, le plus foufou pour la fin, il est vain de chercher des chiffres concernant la discrimination ou le harcèlement pour causes identitaires ou d’orientations sexuelles faites aux membres de la communauté LGBT, puisqu’ils n’existent guère. En effet, en 2017, le parquet n’a enregistré aucune plainte officielle de cet ordre, pour la simple et unique raison que les identités lesbienne, gaie, bisexuelle ou transgenre sont considérées illégales. Autrement écrit : si quelqu’un dépose une telle plainte, il risque lui-même de se faire coffrer ! Petit réconfort pour la différence, aux yeux sévères de la loi, l’article 486 considère le viol comme étant « l’acte par lequel un homme a des relations sexuelles avec une femme contre le gré de celle-ci ». Alors Messieurs les « pédés » de la nation, vous pouvez dormir sur vos 2 oreilles. Vous n’allez jamais être violés !

 K.B