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Bref et frais

Désinfection au Ministère de la Santé

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Non ! Le titre n’est point outrancier, car il s’agit bel et bien d’une véritable opération de désinfection qu’est en train d’opérer le ministre de la Santé, Anas Doukkali, au sein de son ministère. En effet, selon le journal « Assabah », suite aux résultats accablants d’une récente étude qui a révélé des délits majeurs de malversations ainsi que de nombreuses anomalies dans la gestion de ce département, notamment en ce qui concerne les méthodes d’attribution de marchés publics, le ministre a suspendu plusieurs gros bonnets du secteur. Toujours d’après le canard arabophone (visiblement très bien informé), ces ablations concernent le cœur de l’organisation, à savoir les directions centrales telles que la direction de la population, la direction de l’épidémiologie et de la lutte contre les maladies ou encore celle des médicaments et de la pharmacie dont l’indéboulonnable directeur, Omar Bouazza, vient d’être également suspendu. L’Institut Pasteur n’est pas en reste, sa directrice, Naïma El Mdaghri, a été remerciée à la suite de supposées malversations en lien avec un marché de vaccins contre la méningite. Il s’agirait d’un lot de 4.500 vaccins d’une valeur d’un million de dirhams, produit en 2015 et périmé seulement un mois après son achat, rien que ça !

Par ailleurs, hormis les malversations et le virus de la corruption qui court depuis trop longtemps dans les artères de ce beau pays, des accusations de chantage à l’encontre de certains laboratoires à propos des autorisations de mise sur le marché, et d’autres de recrutements frauduleux pèsent aussi sur certains responsables. Ce n’est donc que le début de cette nécessaire asepsie, d’autant plus que, selon la même étude, on est là face à une épidémie qui s’étend aux directions régionales et à de nombreux CHU et hôpitaux.

À l’évidence, l’action du ministre de la Santé est louable. Toutefois, il ne suffit guère de muter ou de suspendre ces voyous à la blouse blanche, il faut les déférer devant la justice si ces crimes contre la nation sont avérés, car c’est de la santé du pays dont il est question, dans des temps plus que difficiles où les caisses de l’Etat sont au rouge, dans des temps où le ras-le-bol social n’a jamais était aussi flagrant.

K.B